DANIEL

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Daniel 1

Âč La troisiĂšme annĂ©e du rĂšgne de Jojakim, roi de Juda, Nebucadnetsar, roi de Babylone, marcha contre JĂ©rusalem, et l’assiĂ©gea.

ÂČ Le Seigneur livra entre ses mains Jojakim, roi de Juda, et une partie des ustensiles de la maison de Dieu. Nebucadnetsar emporta les ustensiles au pays de Schinear, dans la maison de son dieu, il les mit dans la maison du trĂ©sor de son dieu.

Âł Le roi donna l’ordre Ă  Aschpenaz, chef de ses eunuques, d’amener quelques-uns des enfants d’IsraĂ«l de race royale ou de famille noble,

⁎ de jeunes garçons sans dĂ©faut corporel, beaux de figure, douĂ©s de sagesse, d’intelligence et d’instruction, capables de servir dans le palais du roi, et Ă  qui l’on enseignerait les lettres et la langue des ChaldĂ©ens.

⁔ Le roi leur assigna pour chaque jour une portion des mets de sa table et du vin dont il buvait, voulant les élever pendant trois années, au bout desquelles ils seraient au service du roi.

⁶ Il y avait parmi eux, d’entre les enfants de Juda, Daniel, Hanania, MischaĂ«l et Azaria.

⁷ Le chef des eunuques leur donna des noms, Ă  Daniel celui de Beltschatsar, Ă  Hanania celui de Schadrac, Ă  MischaĂ«l celui de MĂ©schac, et Ă  Azaria celui d’Abed-Nego.

⁞ Daniel rĂ©solut de ne pas se souiller par les mets du roi et par le vin dont le roi buvait, et il pria le chef des eunuques de ne pas l’obliger Ă  se souiller.

âč Dieu fit trouver Ă  Daniel faveur et grĂące devant le chef des eunuques.

Âč⁰ Le chef des eunuques dit Ă  Daniel : Je crains mon seigneur le roi, qui a fixĂ© ce que vous devez manger et boire ; car pourquoi verrait- il votre visage plus abattu que celui des jeunes gens de votre Ăąge ? Vous exposeriez ma tĂȘte auprĂšs du roi.

ÂčÂč Alors Daniel dit Ă  l’intendant Ă  qui le chef des eunuques avait remis la surveillance de Daniel, de Hanania, de MischaĂ«l et d’Azaria :

ÂčÂČ Eprouve tes serviteurs pendant dix jours, et qu’on nous donne des lĂ©gumes Ă  manger et de l’eau Ă  boire ;

ÂčÂł tu regarderas ensuite notre visage et celui des jeunes gens qui mangent les mets du roi, et tu agiras avec tes serviteurs d’aprĂšs ce que tu auras vu.

Âč⁎ Il leur accorda ce qu’ils demandaient, et les Ă©prouva pendant dix jours.

Âč⁔ Au bout de dix jours, ils avaient meilleur visage et plus d’embonpoint que tous les jeunes gens qui mangeaient les mets du roi.

Âč⁶ L’intendant emportait les mets et le vin qui leur Ă©taient destinĂ©s, et il leur donnait des lĂ©gumes.

Âč⁷ Dieu accorda Ă  ces quatre jeunes gens de la science, de l’intelligence dans toutes les lettres, et de la sagesse ; et Daniel expliquait toutes les visions et tous les songes.

Âč⁞ Au terme fixĂ© par le roi pour qu’on les lui amenĂąt, le chef des eunuques les prĂ©senta Ă  Nebucadnetsar.

Âčâč Le roi s’entretint avec eux ; et, parmi tous ces jeunes gens, il ne s’en trouva aucun comme Daniel, Hanania, MischaĂ«l et Azaria. Ils furent donc admis au service du roi.

ÂČ⁰ Sur tous les objets qui rĂ©clamaient de la sagesse et de l’intelligence, et sur lesquels le roi les interrogeait, il les trouvait dix fois supĂ©rieurs Ă  tous les magiciens et astrologues qui Ă©taient dans tout son royaume.

ÂČÂč Ainsi fut Daniel jusqu’à la premiĂšre annĂ©e du roi Cyrus.

Daniel 2

Âč La seconde annĂ©e du rĂšgne de Nebucadnetsar, Nebucadnetsar eut des songes. Il avait l’esprit agitĂ©, et ne pouvait dormir.

ÂČ Le roi fit appeler lesmagiciens, les astrologues, les enchanteurs et les ChaldĂ©ens, pour qu’ils lui disent ses songes. Ils vinrent, et se prĂ©sentĂšrent devant le roi.

Âł Le roi leur dit : J’ai eu un songe ; mon esprit est agitĂ©, et je voudrais connaĂźtre ce songe.

⁎ Les ChaldĂ©ens rĂ©pondirent au roi en langue aramĂ©enne : O roi, vis Ă©ternellement ! dis le songe Ă  tes serviteurs, et nous en donnerons l’explication.

⁔ Le roi reprit la parole et dit aux ChaldĂ©ens : La chose m’a Ă©chappĂ© ; si vous ne me faites connaĂźtre le songe et son explication, vous serez mis en piĂšces, et vos maisons seront rĂ©duites en un tas d’immondices.

⁶ Mais si vous me dites le songe et son explication, vous recevrez de moi des dons et des prĂ©sents, et de grands honneurs. C’est pourquoi dites-moi le songe et son explication.

⁷ Ils rĂ©pondirent pour la seconde fois : Que le roi dise le songe Ă  ses serviteurs, et nous en donnerons l’explication.

⁞ Le roi reprit la parole et dit : Je m’aperçois, en vĂ©ritĂ©, que vous voulez gagner du temps, parce que vous voyez que la chose m’a Ă©chappĂ©.

âč Si donc vous ne me faites pas connaĂźtre le songe, la mĂȘme sentence vous enveloppera tous ; vous voulez vous prĂ©parer Ă  me dire des mensonges et des faussetĂ©s, en attendant que les temps soient changĂ©s. C’est pourquoi dites-moi le songe, et je saurai si vous ĂȘtes capables de m’en donner l’explication.

Âč⁰ Les ChaldĂ©ens rĂ©pondirent au roi : Il n’est personne sur la terre qui puisse dire ce que demande le roi ; aussi jamais roi, quelque grand et puissant qu’il ait Ă©tĂ©, n’a exigĂ© une pareille chose d’aucun magicien, astrologue ou ChaldĂ©en.

ÂčÂč Ce que le roi demande est difficile ; il n’y a personne qui puisse le dire au roi, exceptĂ© les dieux, dont la demeure n’est pas parmi les hommes.

ÂčÂČ LĂ -dessus le roi se mit en colĂšre, et s’irrita violemment. Il ordonna qu’on fasse pĂ©rir tous les sages de Babylone.

ÂčÂł La sentence fut publiĂ©e, les sages Ă©taient mis Ă  mort, et l’on cherchait Daniel et ses compagnons pour les faire pĂ©rir.

Âč⁎ Alors Daniel s’adressa d’une maniĂšre prudente et sensĂ©e Ă  Arjoc, chef des gardes du roi, qui Ă©tait sorti pour mettre Ă  mort les sages de Babylone.

Âč⁔ Il prit la parole et dit Ă  Arjoc, commandant du roi : Pourquoi la sentence du roi est-elle si sĂ©vĂšre ? Arjoc exposa la chose Ă  Daniel.

Âč⁶ Et Daniel se rendit vers le roi, et le pria de lui accorder du temps pour donner au roi l’explication.

Âč⁷ Ensuite Daniel alla dans sa maison, et il instruisit de cette affaire Hanania, MischaĂ«l et Azaria, ses compagnons,

Âč⁞ les engageant Ă  implorer la misĂ©ricorde du Dieu des cieux, afin qu’on ne fĂźt pas pĂ©rir Daniel et ses compagnons avec le reste des sages de Babylone.

Âčâč Alors le secret fut rĂ©vĂ©lĂ© Ă  Daniel dans une vision pendant la nuit. Et Daniel bĂ©nit le Dieu des cieux.

ÂČ⁰ Daniel prit la parole et dit : BĂ©ni soit le nom de Dieu, d’éternitĂ© en Ă©ternitĂ© ! A lui appartiennent la sagesse et la force.

ÂČÂč C’est lui qui change les temps et les circonstances, qui renverse et qui Ă©tablit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la science Ă  ceux qui ont de l’intelligence.

ÂČÂČ Il rĂ©vĂšle ce qui est profond et cachĂ©, il connaĂźt ce qui est dans les tĂ©nĂšbres, et la lumiĂšre demeure avec lui.

ÂČÂł Dieu de mes pĂšres, je te glorifie et je te loue de ce que tu m’as donnĂ© la sagesse et la force, et de ce que tu m’as fait connaĂźtre ce que nous t’avons demandĂ©, de ce que tu nous as rĂ©vĂ©lĂ© le secret du roi.

ÂČ⁎ AprĂšs cela, Daniel se rendit auprĂšs d’Arjoc, Ă  qui le roi avait ordonnĂ© de faire pĂ©rir les sages de Babylone ; il alla, et lui parla ainsi : Ne fais pas pĂ©rir les sages de Babylone ! Conduis-moi devant le roi, et je donnerai au roi l’explication.

ÂČ⁔ Arjoc conduisit promptement Daniel devant le roi, et lui parla ainsi : J’ai trouvĂ© parmi les captifs de Juda un homme qui donnera l’explication au roi.

ÂČ⁶ Le roi prit la parole et dit Ă  Daniel, qu’on nommait Beltschatsar : Es-tu capable de me faire connaĂźtre le songe que j’ai eu et son explication ?

ÂČ⁷ Daniel rĂ©pondit en prĂ©sence du roi et dit : Ce que le roi demande est un secret que les sages, les astrologues, les magiciens et les devins, ne sont pas capables de dĂ©couvrir au roi.

ÂČ⁞ Mais il y a dans les cieux un Dieu qui rĂ©vĂšle les secrets, et qui a fait connaĂźtre au roi Nebucadnetsar ce qui arrivera dans la suite des temps. Voici ton songe et les visions que tu as eues sur ta couche.

ÂČâč Sur ta couche, ĂŽ roi, il t’est montĂ© des pensĂ©es touchant ce qui sera aprĂšs ce temps-ci ; et celui qui rĂ©vĂšle les secrets t’a fait connaĂźtre ce qui arrivera.

³⁰ Si ce secret m’a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©, ce n’est point qu’il y ait en moi une sagesse supĂ©rieure Ă  celle de tous les vivants ; mais c’est afin que l’explication soit donnĂ©e au roi, et que tu connaisses les pensĂ©es de ton coeur.

ÂłÂč O roi, tu regardais, et tu voyais une grande statue ; cette statue Ă©tait immense, et d’une splendeur extraordinaire ; elle Ă©tait debout devant toi, et son aspect Ă©tait terrible.

ÂłÂČ La tĂȘte de cette statue Ă©tait d’or pur ; sa poitrine et ses bras Ă©taient d’argent ; son ventre et ses cuisses Ă©taient d’airain ;

³³ ses jambes, de fer ; ses pieds, en partie de fer et en partie d’argile.

³⁎ Tu regardais, lorsqu’une pierre se dĂ©tacha sans le secours d’aucune main, frappa les pieds de fer et d’argile de la statue, et les mit en piĂšces.

³⁔ Alors le fer, l’argile, l’airain, l’argent et l’or, furent brisĂ©s ensemble, et devinrent comme la balle qui s’échappe d’une aire en Ă©tĂ© ; le vent les emporta, et nulle trace n’en fut retrouvĂ©e. Mais la pierre qui avait frappĂ© la statue devint une grande montagne, et remplit toute la terre.

³⁶ VoilĂ  le songe. Nous en donnerons l’explication devant le roi.

³⁷ O roi, tu es le roi des rois, car le Dieu des cieux t’a donnĂ© l’empire, la puissance, la force et la gloire ;

³⁞ il a remis entre tes mains, en quelque lieu qu’ils habitent, les enfants des hommes, les bĂȘtes des champs et les oiseaux du ciel, et il t’a fait dominer sur eux tous : c’est toi qui es la tĂȘte d’or.

Âłâč AprĂšs toi, il s’élĂšvera un autre royaume, moindre que le tien ; puis un troisiĂšme royaume, qui sera d’airain, et qui dominera sur toute la terre.

⁎⁰ Il y aura un quatriĂšme royaume, fort comme du fer ; de mĂȘme que le fer brise et rompt tout, il brisera et rompra tout, comme le fer qui met tout en piĂšces.

⁎Âč Et comme tu as vu les pieds et les orteils en partie d’argile de potier et en partie de fer, ce royaume sera divisĂ© ; mais il y aura en lui quelque chose de la force du fer, parce que tu as vu le fer mĂȘlĂ© avec l’argile.

⁎ÂČ Et comme les doigts des pieds Ă©taient en partie de fer et en partie d’argile, ce royaume sera en partie fort et en partie fragile.

⁎³ Tu as vu le fer mĂȘlĂ© avec l’argile, parce qu’ils se mĂȘleront par des alliances humaines ; mais ils ne seront point unis l’un Ă  l’autre, de mĂȘme que le fer ne s’allie point avec l’argile.

⁎⁎ Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais dĂ©truit, et qui ne passera point sous la domination d’un autre peuple ; il brisera et anĂ©antira tous ces royaumes-lĂ , et lui-mĂȘme subsistera Ă©ternellement.

⁎⁔ C’est ce qu’indique la pierre que tu as vue se dĂ©tacher de la montagne sans le secours d’aucune main, et qui a brisĂ© le fer, l’airain, l’argile, l’argent et l’or. Le grand Dieu a fait connaĂźtre au roi ce qui doit arriver aprĂšs cela. Le songe est vĂ©ritable, et son explication est certaine.

⁎⁶ Alors le roi Nebucadnetsar tomba sur sa face et se prosterna devant Daniel, et il ordonna qu’on lui offrĂźt des sacrifices et des parfums.

⁎⁷ Le roi adressa la parole à Daniel et dit : En vérité, votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des rois, et il révÚle les secrets, puisque tu as pu découvrir ce secret.

⁎⁞ Ensuite le roi Ă©leva Daniel, et lui fit de nombreux et riches prĂ©sents ; il lui donna le commandement de toute la province de Babylone, et l’établit chef suprĂȘme de tous les sages de Babylone.

⁎âč Daniel pria le roi de remettre l’intendance de la province de Babylone Ă  Schadrac, MĂ©schac et Abed-Nego. Et Daniel Ă©tait Ă  la cour du roi.

Daniel 3

Âč Le roi Nebucadnetsar fit une statue d’or, haute de soixante coudĂ©es et large de six coudĂ©es. Il la dressa dans la vallĂ©e de Dura, dans la province de Babylone.

ÂČ Le roi Nebucadnetsar fit convoquer les satrapes, les intendants et les gouverneurs, les grands juges, les trĂ©soriers, les jurisconsultes, les juges, et tous les magistrats des provinces, pour qu’ils se rendissent Ă  la dĂ©dicace de la statue qu’avait Ă©levĂ©e le roi Nebucadnetsar.

Âł Alors les satrapes, les intendants et les gouverneurs, les grands juges, les trĂ©soriers, les jurisconsultes, les juges, et tous les magistrats des provinces, s’assemblĂšrent pour la dĂ©dicace de la statue qu’avait Ă©levĂ©e le roi Nebucadnetsar. Ils se placĂšrent devant la statue qu’avait Ă©levĂ©e Nebucadnetsar.

⁎ Un hĂ©raut cria Ă  haute voix : Voici ce qu’on vous ordonne, peuples, nations, hommes de toutes langues !

⁔ Au moment oĂč vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltĂ©rion, de la cornemuse, et de toutes sortes d’instruments de musique, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue d’or qu’a Ă©levĂ©e le roi Nebucadnetsar.

⁶ Quiconque ne se prosternera pas et n’adorera pas sera jetĂ© Ă  l’instant mĂȘme au milieu d’une fournaise ardente.

⁷ C’est pourquoi, au moment oĂč tous les peuples entendirent le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltĂ©rion, et de toutes sortes d’instruments de musique, tous les peuples, les nations, les hommes de toutes langues se prosternĂšrent et adorĂšrent la statue d’or qu’avait Ă©levĂ©e le roi Nebucadnetsar.

⁞ A cette occasion, et dans le mĂȘme temps, quelques ChaldĂ©ens s’approchĂšrent et accusĂšrent les Juifs.

âč Ils prirent la parole et dirent au roi Nebucadnetsar : O roi, vis Ă©ternellement !

Âč⁰ Tu as donnĂ© un ordre d’aprĂšs lequel tous ceux qui entendraient le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltĂ©rion, de la cornemuse, et de toutes sortes d’instruments, devraient se prosterner et adorer la statue d’or,

ÂčÂč et d’aprĂšs lequel quiconque ne se prosternerait pas et n’adorerait pas se- rait jetĂ© au milieu d’une fournaise ardente.

ÂčÂČ Or, il y a des Juifs Ă  qui tu as remis l’intendance de la province de Babylone, Schadrac, MĂ©schac et Abed-Nego, hommes qui ne tiennent aucun compte de toi, ĂŽ roi ; ils ne servent pas tes dieux, et ils n’adorent point la statue d’or que tu as Ă©levĂ©e.

ÂčÂł Alors Nebucadnetsar, irritĂ© et furieux, donna l’ordre qu’on amenĂąt Schadrac, MĂ©schac et Abed-Nego. Et ces hommes furent amenĂ©s devant le roi.

Âč⁎ Nebucadnetsar prit la parole et leur dit : Est-ce de propos dĂ©libĂ©rĂ©, Schadrac, MĂ©schac et Abed-Nego, que vous ne servez pas mes dieux, et que vous n’adorez pas la statue d’or que j’ai Ă©levĂ©e ?

Âč⁔ Maintenant tenez-vous prĂȘts, et au moment oĂč vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltĂ©rion, de la cornemuse, et de toutes sortes d’instruments, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue que j’ai faite ; si vous ne l’adorez pas, vous serez jetĂ©s Ă  l’instant mĂȘme au milieu d’une fournaise ardente. Et quel est le dieu qui vous dĂ©livrera de ma main ?

Âč⁶ Schadrac, MĂ©schac et Abed-Nego rĂ©pliquĂšrent au roi Nebucadnetsar : Nous n’avons pas besoin de te rĂ©pondre lĂ -dessus.

Âč⁷ Voici, notre Dieu que nous servons peut nous dĂ©livrer de la fournaise ardente, et il nous dĂ©livrera de ta main, ĂŽ roi.

Âč⁞ Sinon, sache, ĂŽ roi, que nous ne servirons pas tes dieux, et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as Ă©levĂ©e.

Âčâč Sur quoi Nebucadnetsar fut rempli de fureur, et il changea de visage en tournant ses regards contre Schadrac, MĂ©schac et Abed-Nego. Il reprit la parole et ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu’il ne convenait de la chauffer.

ÂČ⁰ Puis il commanda Ă  quelques-uns des plus vigoureux soldats de son armĂ©e de lier Schadrac, MĂ©schac et Abed-Nego, et de les jeter dans la fournaise ardente.

ÂČÂč Ces hommes furent liĂ©s avec leurs caleçons, leurs tuniques, leurs manteaux et leurs autres vĂȘtements, et jetĂ©s au milieu de la fournaise ardente.

ÂČÂČ Comme l’ordre du roi Ă©tait sĂ©vĂšre, et que la fournaise Ă©tait extraordinairement chauffĂ©e, la flamme tua les hommes qui y avaient jetĂ© Schadrac, MĂ©schac et Abed-Nego.

ÂČÂł Et ces trois hommes, Schadrac, MĂ©schac et Abed-Nego, tombĂšrent liĂ©s au milieu de la fournaise ardente.

ÂČ⁎ Alors le roi Nebucadnetsar fut effrayĂ©, et se leva prĂ©cipitamment. Il prit la parole, et dit Ă  ses conseillers : N’avons-nous pas jetĂ© au milieu du feu trois hommes liĂ©s ? Ils rĂ©pondirent au roi : Certainement, ĂŽ roi !

ÂČ⁔ Il reprit et dit : Eh bien, je vois quatre hommes sans liens, qui marchent au milieu du feu, et qui n’ont point de mal ; et la figure du quatriĂšme ressemble Ă  celle d’un fils des dieux.

ÂČ⁶ Ensuite Nebucadnetsar s’approcha de l’entrĂ©e de la fournaise ardente, et prenant la parole, il dit : Schadrac, MĂ©schac et Abed-Nego, serviteurs du Dieu suprĂȘme, sortez et venez ! Et Schadrac, MĂ©schac et Abed-Nego sortirent du milieu du feu.

ÂČ⁷ Les satrapes, les intendants, les gouverneurs, et les conseillers du roi s’assemblĂšrent ; ils virent que le feu n’avait eu aucun pouvoir sur le corps de ces hommes, que les cheveux de leur tĂȘte n’avaient pas Ă©tĂ© brĂ»lĂ©s, que leurs caleçons n’étaient point endommagĂ©s, et que l’odeur du feu ne les avait pas atteints.

ÂČ⁞ Nebucadnetsar prit la parole et dit : BĂ©ni soit le Dieu de Schadrac, de MĂ©schac et d’Abed-Nego, lequel a envoyĂ© son ange et dĂ©livrĂ© ses serviteurs qui ont eu confiance en lui, et qui ont violĂ© l’ordre du roi et livrĂ© leurs corps plutĂŽt que de servir et d’adorer aucun autre dieu que leur Dieu !

ÂČâč Voici maintenant l’ordre que je donne : tout homme, Ă  quelque peuple, nation ou langue qu’il appartienne, qui parlera mal du Dieu de Schadrac, de MĂ©schac et d’Abed-Nego, sera mis en piĂšces, et sa maison sera rĂ©duite en un tas d’immondices, parce qu’il n’y a aucun autre dieu qui puisse dĂ©livrer comme lui.

³⁰ AprÚs cela, le roi fit prospérer Schadrac, Méschac et Abed-Nego, dans la province de Babylone.

Daniel 4

Âč Nebucadnetsar, roi, Ă  tous les peuples, aux nations, aux hommes de toutes langues, qui habitent sur toute la terre. Que la paix vous soit donnĂ©e avec abondance !

ÂČ Il m’a semblĂ© bon de faire connaĂźtre les signes et les prodiges que le Dieu suprĂȘme a opĂ©rĂ©s Ă  mon Ă©gard.

³ Que ses signes sont grands ! que ses prodiges sont puissants ! Son rÚgne est un rÚgne éternel, et sa domination subsiste de génération en génération.

⁎ Moi, Nebucadnetsar, je vivais tranquille dans ma maison, et heureux dans mon palais.

⁔ J’ai eu un songe qui m’a effrayĂ© ; les pensĂ©es dont j’étais poursuivi sur ma couche et les visions de mon esprit me remplissaient d’épouvante.

⁶ J’ordonnai qu’on fĂźt venir devant moi tous les sages de Babylone, afin qu’ils me donnassent l’explication du songe.

⁷ Alors vinrent les magiciens, les astrologues, les ChaldĂ©ens et les devins. Je leur dis le songe, et ils ne m’en donnĂšrent point l’explication.

⁞ En dernier lieu, se prĂ©senta devant moi Daniel, nommĂ© Beltschatsar d’aprĂšs le nom de mon dieu, et qui a en lui l’esprit des dieux saints. Je lui dis le songe :

âč Beltschatsar, chef des magiciens, qui as en toi, je le sais, l’esprit des dieux saints, et pour qui aucun secret n’est difficile, donne-moi l’explication des visions que j’ai eues en songe.

Âč⁰ Voici les visions de mon esprit, pendant que j’étais sur ma couche. Je regardais, et voici, il y avait au milieu de la terre un arbre d’une grande hauteur.

ÂčÂč Cet arbre Ă©tait devenu grand et fort, sa cime s’élevait jusqu’aux cieux, et on le voyait des extrĂ©mitĂ©s de toute la terre.

ÂčÂČ Son feuillage Ă©tait beau, et ses fruits abondants ; il portait de la nourriture pour tous ; les bĂȘtes des champs s’abritaient sous son ombre, les oiseaux du ciel faisaient leur demeure parmi ses branches, et tout ĂȘtre vivant tirait de lui sa nourriture.

ÂčÂł Dans les visions de mon esprit, que j’avais sur ma couche, je regardais, et voici, un de ceux qui veillent et qui sont saints descendit des cieux.

Âč⁎ Il cria avec force et parla ainsi : Abattez l’arbre, et coupez ses branches ; secouez le feuillage, et dispersez les fruits ; que les bĂȘtes fuient de dessous, et les oiseaux du milieu de ses branches !

Âč⁔ Mais laissez en terre le tronc oĂč se trouvent les racines, et liez-le avec des chaĂźnes de fer et d’airain, parmi l’herbe des champs. Qu’il soit trempĂ© de la rosĂ©e du ciel, et qu’il ait, comme les bĂȘtes, l’herbe de la terre pour partage.

Âč⁶ Son cƓur d’homme lui sera ĂŽtĂ©, et un cƓur de bĂȘte lui sera donnĂ© ; et sept temps passeront sur lui.

Âč⁷ Cette sentence est un dĂ©cret de ceux qui veillent, cette rĂ©solution est un ordre des saints, afin que les vivants sachent que le TrĂšs-Haut domine sur le rĂšgne des hommes, qu’il le donne Ă  qui il lui plaĂźt, et qu’il y Ă©lĂšve le plus vil des hommes.

Âč⁞ VoilĂ  le songe que j’ai eu, moi, le roi Nebucadnetsar. Toi, Beltschatsar, donnes-en l’explication, puisque tous les sages de mon royaume ne peuvent me la donner ; toi, tu le peux, car tu as en toi l’esprit des dieux saints.

Âčâč Alors Daniel, nommĂ© Beltschatsar, fut un moment stupĂ©fait, et ses pensĂ©es le troublaient. Le roi reprit et dit : Beltschatsar, que le songe et l’explication ne te troublent pas ! Et Beltschatsar rĂ©pondit : Mon seigneur, que le songe soit pour tes ennemis, et son explication pour tes adversaires !

ÂČ⁰ L’arbre que tu as vu, qui Ă©tait devenu grand et fort, dont la cime s’élevait jusqu’aux cieux, et qu’on voyait de tous les points de la terre ;

ÂČÂč cet arbre, dont le feuillage Ă©tait beau et les fruits abondants, qui portait de la nourriture pour tous, sous lequel s’abritaient les bĂȘtes des champs, et parmi les branches duquel les oiseaux du ciel faisaient leur demeure,

ÂČÂČ c’est toi, ĂŽ roi, qui es devenu grand et fort, dont la grandeur s’est accrue et s’est Ă©levĂ©e jusqu’aux cieux, et dont la domination s’étend jusqu’aux extrĂ©mitĂ©s de la terre.

ÂČÂł Le roi a vu l’un de ceux qui veillent et qui sont saints descendre des cieux et dire : Abattez l’arbre, et dĂ©truisez-le ; mais laissez en terre le tronc oĂč se trouvent les racines, et liez-le avec des chaĂźnes de fer et d’airain, parmi l’herbe des champs ; qu’il soit trempĂ© de la rosĂ©e du ciel, et que son partage soit avec les bĂȘtes des champs, jusqu’à ce que sept temps soient passĂ©s sur lui.

ÂČ⁎ Voici l’explication, ĂŽ roi, voici le dĂ©cret du TrĂšs-Haut, qui s’accomplira sur mon seigneur le roi.

ÂČ⁔ On te chassera du milieu des hommes, tu auras ta demeure avec les bĂȘtes des champs, et l’on te donnera comme aux bƓufs de l’herbe Ă  manger ; tu seras trempĂ© de la rosĂ©e du ciel, et sept temps passeront sur toi, jusqu’à ce que tu saches que le TrĂšs-Haut domine sur le rĂšgne des hommes et qu’il le donne Ă  qui il lui plaĂźt.

ÂČ⁶ L’ordre de laisser le tronc oĂč se trouvent les racines de l’arbre signifie que ton royaume te restera quand tu reconnaĂźtras que celui qui domine est dans les cieux.

ÂČ⁷ C’est pourquoi, ĂŽ roi, puisse mon conseil te plaire ! mets un terme Ă  tes pĂ©chĂ©s en pratiquant la justice, et Ă  tes iniquitĂ©s en usant de compassion envers les malheureux, et ton bonheur pourra se prolonger.

ÂČ⁞ Toutes ces choses se sont accomplies sur le roi Nebucadnetsar.

ÂČâč Au bout de douze mois, comme il se promenait dans le palais royal Ă  Babylone,

³⁰ le roi prit la parole et dit : N’est-ce pas ici Babylone la grande, que j’ai bĂątie, comme rĂ©sidence royale, par la puissance de ma force et pour la gloire de ma magnificence ?

ÂłÂč La parole Ă©tait encore dans la bouche du roi, qu’une voix descendit du ciel : Apprends, roi Nebucadnetsar, qu’on va t’enlever le royaume.

ÂłÂČ On te chassera du milieu des hommes, tu auras ta demeure avec les bĂȘtes des champs, on te donnera comme aux bƓufs de l’herbe Ă  manger ; et sept temps passeront sur toi, jusqu’à ce que tu saches que le TrĂšs-Haut domine sur le rĂšgne des hommes et qu’il le donne Ă  qui il lui plaĂźt.

³³ Au mĂȘme instant la parole s’accomplit sur Nebucadnetsar. Il fut chassĂ© du milieu des hommes, il mangea de l’herbe comme les bƓufs, son corps fut trempĂ© de la rosĂ©e du ciel ; jusqu’à ce que ses cheveux crussent comme les plumes des aigles, et ses ongles comme ceux des oiseaux.

³⁎ AprĂšs le temps marquĂ©, moi, Nebucadnetsar, je levai les yeux vers le ciel, et la raison me revint. J’ai bĂ©ni le TrĂšs-Haut, j’ai louĂ© et glorifiĂ© celui qui vit Ă©ternellement, celui dont la domination est une domination Ă©ternelle, et dont le rĂšgne subsiste de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration.

³⁔ Tous les habitants de la terre ne sont Ă  ses yeux que nĂ©ant : il agit comme il lui plaĂźt avec l’armĂ©e des cieux et avec les habitants de la terre, et il n’y a personne qui rĂ©siste Ă  sa main et qui lui dise : Que fais-tu ?

³⁶ En ce temps, la raison me revint ; la gloire de mon royaume, ma magnificence et ma splendeur me furent rendues ; mes conseillers et mes grands me redemandĂšrent ; je fus rĂ©tabli dans mon royaume, et ma puissance ne fit que s’accroĂźtre.

³⁷ Maintenant, moi, Nebucadnetsar, je loue, j’exalte et je glorifie le roi des cieux, dont toutes les Ɠuvres sont vraies et les voies justes, et qui peut abaisser ceux qui marchent avec orgueil.

Daniel 5

Âč Le roi Belschatsar donna un grand festin Ă  ses grands au nombre de mille, et il but du vin en leur prĂ©sence.

ÂČ Belschatsar, quand il eut goĂ»tĂ© au vin, fit apporter les vases d’or et d’argent que son pĂšre Nebucadnetsar avait enlevĂ©s du temple de JĂ©rusalem, afin que le roi et ses grands, ses femmes et ses concubines, s’en servissent pour boire.

Âł Alors on apporta les vases d’or qui avaient Ă©tĂ© enlevĂ©s du temple, de la maison de Dieu Ă  JĂ©rusalem ; et le roi et ses grands, ses femmes et ses concubines, s’en servirent pour boire.

 Ils burent du vin, et ils louùrent les dieux d’or, d’argent, d’airain, de fer, de bois et de pierre.

⁔ En ce moment, apparurent les doigts d’une main d’homme, et ils Ă©crivirent, en face du chandelier, sur la chaux de la muraille du palais royal. Le roi vit cette extrĂ©mitĂ© de main qui Ă©crivait.

⁶ Alors le roi changea de couleur, et ses pensĂ©es le troublĂšrent ; les jointures de ses reins se relĂąchĂšrent, et ses genoux se heurtĂšrent l’un contre l’autre.

⁷ Le roi cria avec force qu’on fĂźt venir les astrologues, les ChaldĂ©ens et les devins ; et le roi prit la parole et dit aux sages de Babylone : Quiconque lira cette Ă©criture et m’en donnera l’explication sera revĂȘtu de pourpre, portera un collier d’or Ă  son cou, et aura la troisiĂšme place dans le gouvernement du royaume.

⁞ Tous les sages du roi entrĂšrent ; mais ils ne purent pas lire l’écriture et en donner au roi l’explication.

âč Sur quoi le roi Belschatsar, fut trĂšs effrayĂ©, il changea de couleur, et ses grands furent consternĂ©s.

Âč⁰ La reine, Ă  cause des paroles du roi et de ses grands, entra dans la salle du festin, et prit ainsi la parole : O roi, vis Ă©ternellement ! Que tes pensĂ©es ne te troublent pas, et que ton visage ne change pas de couleur !

ÂčÂč Il y a dans ton royaume un homme qui a en lui l’esprit des dieux saints ; et du temps de ton pĂšre, on trouva chez lui des lumiĂšres, de l’intelligence, et une sagesse semblable Ă  la sagesse des dieux. Aussi le roi Nebucadnetsar, ton pĂšre, le roi, ton pĂšre, l’établit chef des magiciens, des astrologues, des ChaldĂ©ens, des devins,

ÂčÂČ parce qu’on trouva chez lui, chez Daniel, nommĂ© par le roi Beltschatsar, un esprit supĂ©rieur, de la science et de l’intelligence, la facultĂ© d’interprĂ©ter les songes, d’expliquer les Ă©nigmes, et de rĂ©soudre les questions difficiles. Que Daniel soit donc appelĂ©, et il donnera l’explication.

ÂčÂł Alors Daniel fut introduit devant le roi. Le roi prit la parole et dit Ă  Daniel : Es-tu ce Daniel, l’un des captifs de Juda, que le roi, mon pĂšre, a amenĂ©s de Juda ?

Âč⁎ J’ai appris sur ton compte que tu as en toi l’esprit des dieux, et qu’on trouve chez toi des lumiĂšres, de l’intelligence, et une sagesse extraordinaire.

Âč⁔ On vient d’amener devant moi les sages et les astrologues, afin qu’ils lussent cette Ă©criture et m’en donnassent l’explication ; mais ils n’ont pas pu donner l’explication des mots.

Âč⁶ J’ai appris que tu peux donner des explications et rĂ©soudre des questions difficiles ; maintenant, si tu peux lire cette Ă©criture et m’en donner l’explication, tu seras revĂȘtu de pourpre, tu porteras un collier d’or Ă  ton cou, et tu auras la troisiĂšme place dans le gouvernement du royaume.

Âč⁷ Daniel rĂ©pondit en prĂ©sence du roi : Garde tes dons, et accorde Ă  un autre tes prĂ©sents ; je lirai nĂ©anmoins l’écriture au roi, et je lui en donnerai l’explication.

Âč⁞ O roi, le Dieu suprĂȘme avait donnĂ© Ă  Nebucadnetsar, ton pĂšre, l’empire, la grandeur, la gloire et la magnificence ;

Âčâč et Ă  cause de la grandeur qu’il lui avait donnĂ©e, tous les peuples, les nations, les hommes de toutes langues Ă©taient dans la crainte et tremblaient devant lui. Le roi faisait mourir ceux qu’il voulait, et il laissait la vie Ă  ceux qu’il voulait ; il Ă©levait ceux qu’il voulait, et il abaissait ceux qu’il voulait.

ÂČ⁰ Mais lorsque son cƓur s’éleva et que son esprit s’endurcit jusqu’à l’arrogance, il fut prĂ©cipitĂ© de son trĂŽne royal et dĂ©pouillĂ© de sa gloire ;

ÂČÂč il fut chassĂ© du milieu des enfants des hommes, son cƓur devint semblable Ă  celui des bĂȘtes, et sa demeure fut avec les Ăąnes sauvages ; on lui donna comme aux bƓufs de l’herbe Ă  manger, et son corps fut trempĂ© de la rosĂ©e du ciel, jusqu’à ce qu’il reconnĂ»t que le Dieu suprĂȘme domine sur le rĂšgne des hommes et qu’il le donne Ă  qui il lui plaĂźt.

ÂČÂČ Et toi, Belschatsar, son fils, tu n’as pas humiliĂ© ton cƓur, quoique tu susses toutes ces choses.

ÂČÂł Tu t’es Ă©levĂ© contre le Seigneur des cieux ; les vases de sa maison ont Ă©tĂ© apportĂ©s devant toi, et vous vous en ĂȘtes servis pour boire du vin, toi et tes grands, tes femmes et tes concubines ; tu as louĂ© les dieux d’argent, d’or, d’airain, de fer, de bois et de pierre, qui ne voient point, qui n’entendent point, et qui ne savent rien, et tu n’as pas glorifiĂ© le Dieu qui a dans sa main ton souffle et toutes tes voies.

ÂČ⁎ C’est pourquoi il a envoyĂ© cette extrĂ©mitĂ© de main qui a tracĂ© cette Ă©criture.

ÂČ⁔ Voici l’écriture qui a Ă©tĂ© tracĂ©e : ComptĂ©, comptĂ©, pesĂ©, et divisĂ©.

ÂČ⁶ Et voici l’explication de ces mots. ComptĂ© : Dieu a comptĂ© ton rĂšgne, et y a mis fin.

ÂČ⁷ PesĂ© : Tu as Ă©tĂ© pesĂ© dans la balance, et tu as Ă©tĂ© trouvĂ© lĂ©ger.

ÂČ⁞ DivisĂ© : Ton royaume sera divisĂ©, et donnĂ© aux MĂšdes et aux Perses.

ÂČâč AussitĂŽt Belschatsar donna des ordres, et l’on revĂȘtit Daniel de pourpre, on lui mit au cou un collier d’or, et on publia qu’il aurait la troisiĂšme place dans le gouvernement du royaume.

³⁰ Cette mĂȘme nuit, Belschatsar, roi des ChaldĂ©ens, fut tuĂ©.

ÂłÂč Et Darius, le MĂšde, s’empara du royaume, Ă©tant ĂągĂ© de soixante-deux ans.

Daniel 6

Âč Darius trouva bon d’établir sur le royaume cent vingt satrapes, qui devaient ĂȘtre dans tout le royaume.

ÂČ Il mit Ă  leur tĂȘte trois chefs, au nombre desquels Ă©tait Daniel, afin que ces satrapes leur rendissent compte, et que le roi ne souffrĂźt aucun dommage.

Âł Daniel surpassait les chefs et les satrapes, parce qu’il y avait en lui un esprit supĂ©rieur ; et le roi pensait Ă  l’établir sur tout le royaume.

⁎ Alors les chefs et les satrapes cherchĂšrent une occasion d’accuser Daniel en ce qui concernait les affaires du royaume. Mais ils ne purent trouver aucune occasion, ni aucune chose Ă  reprendre, parce qu’il Ă©tait fidĂšle, et qu’on n’apercevait chez lui ni faute, ni rien de mauvais.

⁔ Et ces hommes dirent : Nous ne trouverons aucune occasion contre ce Daniel, Ă  moins que nous n’en trouvions une dans la loi de son Dieu.

⁶ Puis ces chefs et ces satrapes se rendirent tumultueusement auprÚs du roi, et lui parlÚrent ainsi : Roi Darius, vis éternellement !

⁷ Tous les chefs du royaume, les intendants, les satrapes, les conseillers, et les gouverneurs sont d’avis qu’il soit publiĂ© un Ă©dit royal, avec une dĂ©fense sĂ©vĂšre, portant que quiconque, dans l’espace de trente jours, adressera des priĂšres Ă  quelque dieu ou Ă  quelque homme, exceptĂ© Ă  toi, ĂŽ roi, sera jetĂ© dans la fosse aux lions.

⁞ Maintenant, ĂŽ roi, confirme la dĂ©fense, et Ă©cris le dĂ©cret, afin qu’il soit irrĂ©vocable, selon la loi des MĂšdes et des Perses, qui est immuable.

âč LĂ -dessus le roi Darius Ă©crivit le dĂ©cret et la dĂ©fense.

Âč⁰ Lorsque Daniel sut que le dĂ©cret Ă©tait Ă©crit, il se retira dans sa maison, oĂč les fenĂȘtres de la chambre supĂ©rieure Ă©taient ouvertes dans la direction de JĂ©rusalem ; et trois fois le jour il se mettait Ă  genoux, il priait, et il louait son Dieu, comme il le faisait auparavant.

ÂčÂč Alors ces hommes entrĂšrent tumultueusement, et ils trouvĂšrent Daniel qui priait et invoquait son Dieu.

ÂčÂČ Puis ils se prĂ©sentĂšrent devant le roi, et lui dirent au sujet de la dĂ©fense royale : N’as-tu pas Ă©crit une dĂ©fense portant que quiconque dans l’espace de trente jours adresserait des priĂšres Ă  quelque dieu ou Ă  quelque homme, exceptĂ© Ă  toi, ĂŽ roi, serait jetĂ© dans la fosse aux lions ? Le roi rĂ©pondit : La chose est certaine, selon la loi des MĂšdes et des Perses, qui est immuable.

ÂčÂł Ils prirent de nouveau la parole et dirent au roi : Daniel, l’un des captifs de Juda, n’a tenu aucun compte de toi, ĂŽ roi, ni de la dĂ©fense que tu as Ă©crite, et il fait sa priĂšre trois fois le jour.

Âč⁎ Le roi fut trĂšs affligĂ© quand il entendit cela ; il prit Ă  cƓur de dĂ©livrer Daniel, et jusqu’au coucher du soleil il s’efforça de le sauver.

Âč⁔ Mais ces hommes insistĂšrent auprĂšs du roi, et lui dirent : Sache, ĂŽ roi, que la loi des MĂšdes et des Perses exige que toute dĂ©fense ou tout dĂ©cret confirmĂ© par le roi soit irrĂ©vocable.

Âč⁶ Alors le roi donna l’ordre qu’on amenĂąt Daniel, et qu’on le jetĂąt dans la fosse aux lions. Le roi prit la parole et dit Ă  Daniel : Puisse ton Dieu, que tu sers avec persĂ©vĂ©rance, te dĂ©livrer !

Âč⁷ On apporta une pierre, et on la mit sur l’ouverture de la fosse ; le roi la scella de son anneau et de l’anneau de ses grands, afin que rien ne fĂ»t changĂ© Ă  l’égard de Daniel.

Âč⁞ Le roi se rendit ensuite dans son palais ; il passa la nuit Ă  jeun, il ne fit point venir de concubine auprĂšs de lui, et il ne put se livrer au sommeil.

Âčâč Le roi se leva au point du jour, avec l’aurore, et il alla prĂ©cipitamment Ă  la fosse aux lions.

ÂČ⁰ En s’approchant de la fosse, il appela Daniel d’une voix triste. Le roi prit la parole et dit Ă  Daniel : Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu, que tu sers avec persĂ©vĂ©rance, a-t-il pu te dĂ©livrer des lions ?

ÂČÂč Et Daniel dit au roi : Roi, vis Ă©ternellement ?

ÂČÂČ Mon Dieu a envoyĂ© son ange et fermĂ© la gueule des lions, qui ne m’ont fait aucun mal, parce que j’ai Ă©tĂ© trouvĂ© innocent devant lui ; et devant toi non plus, ĂŽ roi, je n’ai rien fait de mauvais.

ÂČÂł Alors le roi fut trĂšs joyeux, et il ordonna qu’on fĂźt sortir Daniel de la fosse. Daniel fut retirĂ© de la fosse, et on ne trouva sur lui aucune blessure, parce qu’il avait eu confiance en son Dieu.

ÂČ⁎ Le roi ordonna que ces hommes qui avaient accusĂ© Daniel fussent amenĂ©s et jetĂ©s dans la fosse aux lions, eux, leurs enfants et leurs femmes ; et avant qu’ils fussent parvenus au fond de la fosse, les lions les saisirent et brisĂšrent tous leurs os.

ÂČ⁔ AprĂšs cela, le roi Darius Ă©crivit Ă  tous les peuples, Ă  toutes les nations, aux hommes de toutes langues, qui habitaient sur toute la terre : Que la paix vous soit donnĂ©e avec abondance !

ÂČ⁶ J’ordonne que, dans toute l’étendue de mon royaume, on ait de la crainte et de la frayeur pour le Dieu de Daniel. Car il est le Dieu vivant, et il subsiste Ă©ternellement ; son royaume ne sera jamais dĂ©truit, et sa domination durera jusqu’à la fin.

ÂČ⁷ C’est lui qui dĂ©livre et qui sauve, qui opĂšre des signes et des prodiges dans les cieux et sur la terre. C’est lui qui a dĂ©livrĂ© Daniel de la puissance des lions.

ÂČ⁞ Daniel prospĂ©ra sous le rĂšgne de Darius, et sous le rĂšgne de Cyrus, le Perse.

Daniel 7

Âč La premiĂšre annĂ©e de Belschatsar, roi de Babylone, Daniel eut un songe et des visions de son esprit, pendant qu’il Ă©tait sur sa couche. Ensuite il Ă©crivit le songe, et raconta les principales choses.

ÂČ Daniel commença et dit : Je regardais pendant ma vision nocturne, et voici, les quatre vents des cieux firent irruption sur la grande mer.

Âł Et quatre grands animaux sortirent de la mer, diffĂ©rents l’un de l’autre.

⁎ Le premier Ă©tait semblable Ă  un lion, et avait des ailes d’aigles ; je regardai, jusqu’au moment oĂč ses ailes furent arrachĂ©es ; il fut enlevĂ© de terre et mis debout sur ses pieds comme un homme, et un cƓur d’homme lui fut donnĂ©.

⁔ Et voici, un second animal était semblable à un ours, et se tenait sur un cÎté ; il avait trois cÎtes dans la gueule entre les dents, et on lui disait : LÚve-toi, mange beaucoup de chair.

⁶ AprĂšs cela je regardai, et voici, un autre Ă©tait semblable Ă  un lĂ©opard, et avait sur le dos quatre ailes comme un oiseau ; cet animal avait quatre tĂȘtes, et la domination lui fut donnĂ©e.

⁷ AprÚs cela, je regardai pendant mes visions nocturnes, et voici, il y avait un quatriÚme animal, terrible, épouvantable et extraordinairement fort ; il avait de grandes dents de fer, il mangeait, brisait, et il foulait aux pieds ce qui restait ; il était différent de tous les animaux précédents, et il avait dix cornes.

⁞ Je considĂ©rai les cornes, et voici, une autre petite corne sortit du milieu d’elles, et trois des premiĂšres cornes furent arrachĂ©es devant cette corne ; et voici, elle avait des yeux comme des yeux d’homme, et une bouche, qui parlait avec arrogance.

âč Je regardai, pendant que l’on plaçait des trĂŽnes. Et l’ancien des jours s’assit. Son vĂȘtement Ă©tait blanc comme la neige, et les cheveux de sa tĂȘte Ă©taient comme de la laine pure ; son trĂŽne Ă©tait comme des flammes de feu, et les roues comme un feu ardent.

Âč⁰ Un fleuve de feu coulait et sortait de devant lui. Mille milliers le servaient, et dix mille millions se tenaient en sa prĂ©sence. Les juges s’assirent, et les livres furent ouverts.

ÂčÂč Je regardai alors, Ă  cause des paroles arrogantes que prononçait la corne ; et tandis que je regardais, l’animal fut tuĂ©, et son corps fut anĂ©anti, livrĂ© au feu pour ĂȘtre brĂ»lĂ©.

ÂčÂČ Les autres animaux furent dĂ©pouillĂ©s de leur puissance, mais une prolongation de vie leur fut accordĂ©e jusqu’à un certain temps.

ÂčÂł Je regardai pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuĂ©es des cieux arriva quelqu’un de semblable Ă  un fils de l’homme ; il s’avança vers l’ancien des jours, et on le fit approcher de lui.

Âč⁎ On lui donna la domination, la gloire et le rĂšgne ; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination Ă©ternelle qui ne passera point, et son rĂšgne ne sera jamais dĂ©truit.

Âč⁔ Moi, Daniel, j’eus l’esprit troublĂ© au dedans de moi, et les visions de ma tĂȘte m’effrayĂšrent.

Âč⁶ Je m’approchai de l’un de ceux qui Ă©taient lĂ , et je lui demandai ce qu’il y avait de vrai dans toutes ces choses. Il me le dit, et m’en donna l’explication :

Âč⁷ Ces quatre grands animaux, ce sont quatre rois qui s’élĂšveront de la terre ;

Âč⁞ mais les saints du TrĂšs-Haut recevront le royaume, et ils possĂ©deront le royaume Ă©ternellement, d’éternitĂ© en Ă©ternitĂ©.

Âčâč Ensuite je dĂ©sirai savoir la vĂ©ritĂ© sur le quatriĂšme animal, qui Ă©tait diffĂ©rent de tous les autres, extrĂȘmement terrible, qui avait des dents de fer et des ongles d’airain, qui mangeait, brisait, et foulait aux pieds ce qui restait ;

ÂČ⁰ et sur les dix cornes qu’il avait Ă  la tĂȘte, et sur l’autre qui Ă©tait sortie et devant laquelle trois Ă©taient tombĂ©es, sur cette corne qui avait des yeux, une bouche parlant avec arrogance, et une plus grande apparence que les autres.

ÂČÂč Je vis cette corne faire la guerre aux saints, et l’emporter sur eux,

ÂČÂČ jusqu’au moment oĂč l’ancien des jours vint donner droit aux saints du TrĂšs-Haut, et le temps arriva oĂč les saints furent en possession du royaume.

ÂČÂł Il me parla ainsi : Le quatriĂšme animal, c’est un quatriĂšme royaume qui existera sur la terre, diffĂ©rent de tous les royaumes, et qui dĂ©vorera toute la terre, la foulera et la brisera.

ÂČ⁎ Les dix cornes, ce sont dix rois qui s’élĂšveront de ce royaume. Un autre s’élĂšvera aprĂšs eux, il sera diffĂ©rent des premiers, et il abaissera trois rois.

ÂČ⁔ Il prononcera des paroles contre le TrĂšs-Haut, il opprimera les saints du TrĂšs Haut, et il espĂ©rera changer les temps et la loi ; et les saints seront livrĂ©s entre ses mains pendant un temps, des temps, et la moitiĂ© d’un temps.

ÂČ⁶ Puis viendra le jugement, et on lui ĂŽtera sa domination, qui sera dĂ©truite et anĂ©antie pour jamais.

ÂČ⁷ Le rĂšgne, la domination, et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnĂ©s au peuple des saints du TrĂšs-Haut. Son rĂšgne est un rĂšgne Ă©ternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obĂ©iront.

ÂČ⁞ Ici finirent les paroles. Moi, Daniel, je fus extrĂȘmement troublĂ© par mes pensĂ©es, je changeai de couleur, et je conservai ces paroles dans mon coeur.

Daniel 8

Âč La troisiĂšme annĂ©e du rĂšgne du roi Belschatsar, moi, Daniel, j’eus une vision, outre celle que j’avais eue prĂ©cĂ©demment.

ÂČ Lorsque j’eus cette vision, il me sembla que j’étais Ă  Suse, la capitale, dans la province d’Elam ; et pendant ma vision, je me trouvais prĂšs du fleuve d’UlaĂŻ.

Âł Je levai les yeux, je regardai, et voici, un bĂ©lier se tenait devant le fleuve, et il avait des cornes ; ces cornes Ă©taient hautes, mais l’une Ă©tait plus haute que l’autre, et elle s’éleva la derniĂšre.

⁎ Je vis le bĂ©lier qui frappait de ses cornes Ă  l’occident, au septentrion et au midi ; aucun animal ne pouvait lui rĂ©sister, et il n’y avait personne pour dĂ©livrer ses victimes ; il faisait ce qu’il voulait, et il devint puissant.

⁔ Comme je regardais attentivement, voici, un bouc venait de l’occident, et parcourait toute la terre Ă  sa surface, sans la toucher ; ce bouc avait une grande corne entre les yeux.

⁶ Il arriva jusqu’au bĂ©lier qui avait des cornes, et que j’avais vu se tenant devant le fleuve, et il courut sur lui dans toute sa fureur.

⁷ Je le vis qui s’approchait du bĂ©lier et s’irritait contre lui ; il frappa le bĂ©lier et lui brisa les deux cornes, sans que le bĂ©lier eĂ»t la force de lui rĂ©sister ; il le jeta par terre et le foula, et il n’y eut personne pour dĂ©livrer le bĂ©lier.

⁞ Le bouc devint trĂšs puissant ; mais lorsqu’il fut puissant, sa grande corne se brisa. Quatre grandes cornes s’élevĂšrent pour la remplacer, aux quatre vents des cieux.

âč De l’une d’elles sortit une petite corne, qui s’agrandit beaucoup vers le midi, vers l’orient, et vers le plus beau des pays.

Âč⁰ Elle s’éleva jusqu’à l’armĂ©e des cieux, elle fit tomber Ă  terre une partie de cette armĂ©e et des Ă©toiles, et elle les foula.

ÂčÂč Elle s’éleva jusqu’au chef de l’armĂ©e, lui enleva le sacrifice perpĂ©tuel, et renversa le lieu de son sanctuaire.

ÂčÂČ L’armĂ©e fut livrĂ©e avec le sacrifice perpĂ©tuel, Ă  cause du pĂ©chĂ© ; la corne jeta la vĂ©ritĂ© par terre, et rĂ©ussit dans ses entreprises.

ÂčÂł J’entendis parler un saint ; et un autre saint dit Ă  celui qui parlait : Pendant combien de temps s’accomplira la vision sur le sacrifice perpĂ©tuel et sur le pĂ©chĂ© dĂ©vastateur ? Jusques Ă  quand le sanctuaire et l’armĂ©e seront-ils foulĂ©s ?

Âč⁎ Et il me dit : Deux mille trois cents soirs et matins ; puis le sanctuaire sera purifiĂ©.

Âč⁔ Tandis que moi, Daniel, j’avais cette vision et que je cherchais Ă  la comprendre, voici, quelqu’un qui avait l’apparence d’un homme se tenait devant moi.

Âč⁶ Et j’entendis la voix d’un homme au milieu de l’UlaĂŻ ; il cria et dit : Gabriel, explique-lui la vision.

Âč⁷ Il vint alors prĂšs du lieu oĂč j’étais ; et Ă  son approche, je fus effrayĂ©, et je tombai sur ma face. Il me dit : Sois attentif, fils de l’homme, car la vision concerne un temps qui sera la fin.

Âč⁞ Comme il me parlait, je restai frappĂ© d’étourdissement, la face contre terre. Il me toucha, et me fit tenir debout Ă  la place oĂč je me trouvais.

Âčâč Puis il me dit : Je vais t’apprendre, ce qui arrivera au terme de la colĂšre, car il y a un temps marquĂ© pour la fin.

ÂČ⁰ Le bĂ©lier que tu as vu, et qui avait des cornes, ce sont les rois des MĂšdes et des Perses.

ÂČÂč Le bouc, c’est le roi de Javan, La grande corne entre ses yeux, c’est le premier roi.

ÂČÂČ Les quatre cornes qui se sont Ă©levĂ©es pour remplacer cette corne brisĂ©e, ce sont quatre royaumes qui s’élĂšveront de cette nation, mais qui n’auront pas autant de force.

ÂČÂł A la fin de leur domination, lorsque les pĂ©cheurs seront consumĂ©s, il s’élĂšvera un roi impudent et artificieux.

ÂČ⁎ Sa puissance s’accroĂźtra, mais non par sa propre force ; il fera d’incroyables ravages, il rĂ©ussira dans ses entreprises, il dĂ©truira les puissants et le peuple des saints.

ÂČ⁔ A cause de sa prospĂ©ritĂ© et du succĂšs de ses ruses, il aura de l’arrogance dans le cƓur, il fera pĂ©rir beaucoup d’hommes qui vivaient paisiblement, et il s’élĂšvera contre le chef des chefs ; mais il sera brisĂ©, sans l’effort d’aucune main.

ÂČ⁶ Et la vision des soirs et des matins, dont il s’agit, est vĂ©ritable. Pour toi, tiens secrĂšte cette vision, car elle se rapporte Ă  des temps Ă©loignĂ©s.

ÂČ⁷ Moi, Daniel, je fus plusieurs jours languissant et malade ; puis je me levai, et je m’occupai des affaires du roi. J’étais Ă©tonnĂ© de la vision, et personne n’en eut connaissance.

Daniel 9

Âč La premiĂšre annĂ©e de Darius, fils d’AssuĂ©rus, de la race des MĂšdes, lequel Ă©tait devenu roi du royaume des ChaldĂ©ens,

ÂČ la premiĂšre annĂ©e de son rĂšgne, moi, Daniel, je vis par les livres qu’il devait s’écouler soixante-dix ans pour les ruines de JĂ©rusalem, d’aprĂšs le nombre des annĂ©es dont l’Eternel avait parlĂ© Ă  JĂ©rĂ©mie, le prophĂšte.

³ Je tournai ma face vers le Seigneur Dieu, afin de recourir à la priÚre et aux supplications, en jeûnant et en prenant le sac et la cendre.

⁎ Je priai l’Eternel, mon Dieu, et je lui fis cette confession : Seigneur, Dieu grand et redoutable, toi qui gardes ton alliance et qui fais misĂ©ricorde Ă  ceux qui t’aiment et qui observent tes commandements !

⁔ Nous avons pĂ©chĂ©, nous avons commis l’iniquitĂ©, nous avons Ă©tĂ© mĂ©chants et rebelles, nous nous sommes dĂ©tournĂ©s de tes commandements et de tes ordonnances.

⁶ Nous n’avons pas Ă©coutĂ© tes serviteurs, les prophĂštes, qui ont parlĂ© en ton nom Ă  nos rois, Ă  nos chefs, Ă  nos pĂšres, et Ă  tout le peuple du pays.

⁷ A toi, Seigneur, est la justice, et Ă  nous la confusion de face, en ce jour, aux hommes de Juda, aux habitants de JĂ©rusalem, et Ă  tout IsraĂ«l, Ă  ceux qui sont prĂšs et Ă  ceux qui sont loin, dans tous les pays oĂč tu les as chassĂ©s Ă  cause des infidĂ©litĂ©s dont ils se sont rendus coupables envers toi.

⁞ Seigneur, à nous la confusion de face, à nos rois, à nos chefs, et à nos pÚres, parce que nous avons péché contre toi.

âč AuprĂšs du Seigneur, notre Dieu, la misĂ©ricorde et le pardon, car nous avons Ă©tĂ© rebelles envers lui.

Âč⁰ Nous n’avons pas Ă©coutĂ© la voix de l’Eternel, notre Dieu, pour suivre ses lois qu’il avait mises devant nous par ses serviteurs, les prophĂštes.

ÂčÂč Tout IsraĂ«l a transgressĂ© ta loi, et s’est dĂ©tournĂ© pour ne pas Ă©couter ta voix. Alors se sont rĂ©pandues sur nous les malĂ©dictions et les imprĂ©cations qui sont Ă©crites dans la loi de MoĂŻse, serviteur de Dieu, parce que nous avons pĂ©chĂ© contre Dieu.

ÂčÂČ Il a accompli les paroles qu’il avait prononcĂ©es contre nous et contre nos chefs qui nous ont gouvernĂ©s, il a fait venir sur nous une grande calamitĂ©, et il n’en est jamais arrivĂ© sous le ciel entier une semblable Ă  celle qui est arrivĂ©e Ă  JĂ©rusalem.

ÂčÂł Comme cela est Ă©crit dans la loi de MoĂŻse, toute cette calamitĂ© est venue sur nous ; et nous n’avons pas implorĂ© l’Eternel, notre Dieu, nous ne nous sommes pas dĂ©tournĂ©s de nos iniquitĂ©s, nous n’avons pas Ă©tĂ© attentifs Ă  ta vĂ©ritĂ©.

Âč⁎ L’Eternel a veillĂ© sur cette calamitĂ©, et l’a fait venir sur nous ; car l’Eternel, notre Dieu, est juste dans toutes les choses qu’il a faites, mais nous n’avons pas Ă©coutĂ© sa voix.

Âč⁔ Et maintenant, Seigneur, notre Dieu, toi qui as fait sortir ton peuple du pays d’Egypte par ta main puissante, et qui t’es fait un nom comme il l’est aujourd’hui, nous avons pĂ©chĂ©, nous avons commis l’iniquitĂ©.

Âč⁶ Seigneur, selon ta grande misĂ©ricorde, que ta colĂšre et ta fureur se dĂ©tournent de ta ville de JĂ©rusalem, de ta montagne sainte ; car, Ă  cause de nos pĂ©chĂ©s et des iniquitĂ©s de nos pĂšres, JĂ©rusalem et ton peuple sont en opprobre Ă  tous ceux qui nous entourent.

Âč⁷ Maintenant donc, ĂŽ notre Dieu, Ă©coute la priĂšre et les supplications de ton serviteur, et, pour l’amour du Seigneur, fais briller ta face sur ton sanctuaire dĂ©vastĂ© !

Âč⁞ Mon Dieu, prĂȘte l’oreille et Ă©coute ! ouvre les yeux et regarde nos ruines, regarde la ville sur laquelle ton nom est invoquĂ© ! Car ce n’est pas Ă  cause de notre justice que nous te prĂ©sentons nos supplications, c’est Ă  cause de tes grandes compassions.

Âčâč Seigneur, Ă©coute ! Seigneur, pardonne ! Seigneur, sois attentif ! agis et ne tarde pas, par amour pour toi, ĂŽ mon Dieu ! Car ton nom est invoquĂ© sur ta ville et sur ton peuple.

ÂČ⁰ Je parlais encore, je priais, je confessais mon pĂ©chĂ© et le pĂ©chĂ© de mon peuple d’IsraĂ«l, et je prĂ©sentais mes supplications Ă  l’Eternel, mon Dieu, en faveur de la sainte montagne de mon Dieu ;

ÂČÂč je parlais encore dans ma priĂšre, quand l’homme, Gabriel, que j’avais vu prĂ©cĂ©demment dans une vision, s’approcha de moi d’un vol rapide, au moment de l’offrande du soir.

ÂČÂČ Il m’instruisit, et s’entretint avec moi. Il me dit : Daniel, je suis venu maintenant pour ouvrir ton intelligence.

ÂČÂł Lorsque tu as commencĂ© Ă  prier, la parole est sortie, et je viens pour te l’annoncer ; car tu es un bien-aimĂ©. Sois attentif Ă  la parole, et comprends la vision !

ÂČ⁎ Soixante-dix semaines ont Ă©tĂ© fixĂ©es sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour faire cesser les transgressions et mettre fin aux pĂ©chĂ©s, pour expier l’iniquitĂ© et amener la justice Ă©ternelle, pour sceller la vision et le prophĂšte, et pour oindre le Saint des saints.

ÂČ⁔ Sache-le donc, et com- prends ! Depuis le moment oĂč la parole a annoncĂ© que JĂ©rusalem sera rebĂątie jusqu’à l’Oint, au Conducteur, il y a sept semaines ; dans soixante-deux semaines, les places et les fossĂ©s seront rĂ©tablis, mais en des temps fĂącheux.

ÂČ⁶ AprĂšs les soixante-deux semaines, un Oint sera retranchĂ©, et il n’aura pas de successeur. Le peuple d’un chef qui viendra dĂ©truira la ville et le sanctuaire, et sa fin arrivera comme par une inondation ; il est arrĂȘtĂ© que les dĂ©vastations dureront jusqu’au terme de la guerre.

ÂČ⁷ Il fera une solide alliance avec plusieurs pour une semaine, et durant la moitiĂ© de la semaine il fera cesser le sacrifice et l’offrande ; le dĂ©vastateur commettra les choses les plus abominables, jusqu’à ce que la ruine et ce qui a Ă©tĂ© rĂ©solu fondent sur le dĂ©vastateur.

Daniel 10

Âč La troisiĂšme annĂ©e de Cyrus, roi de Perse, une parole fut rĂ©vĂ©lĂ©e Ă  Daniel, qu’on nommait Beltschatsar. Cette parole, qui est vĂ©ritable, annonce une grande calamitĂ©. Il fut attentif Ă  cette parole, et il eut l’intelligence de la vision.

ÂČ En ce temps-lĂ , moi, Daniel, je fus trois semaines dans le deuil.

Âł Je ne mangeai aucun mets dĂ©licat, il n’entra ni viande ni vin dans ma bouche, et je ne m’oignis point jusqu’à ce que les trois semaines fussent accomplies.

⁎ Le vingt-quatriĂšme jour du premier mois, j’étais au bord du grand fleuve qui est HiddĂ©kel.

⁔ Je levai les yeux, je regardai, et voici, il y avait un homme vĂȘtu de lin, et ayant sur les reins une ceinture d’or d’Uphaz.

⁶ Son corps Ă©tait comme de chrysolithe, son visage brillait comme l’éclair, ses yeux Ă©taient comme des flammes de feu, ses bras et ses pieds ressemblaient Ă  de l’airain poli, et le son de sa voix Ă©tait comme le bruit d’une multitude.

⁷ Moi, Daniel, je vis seul la vision, et les hommes qui Ă©taient avec moi ne la virent point, mais ils furent saisis d’une grande frayeur, et ils prirent la fuite pour se cacher.

⁞ Je restai seul, et je vis cette grande vision ; les forces me manquÚrent, mon visage changea de couleur et fut décomposé, et je perdis toute vigueur.

âč J’entendis le son de ses paroles ; et comme j’entendais le son de ses paroles, je tombai frappĂ© d’étourdissement, la face contre terre.

Âč⁰ Et voici, une main me toucha, et secoua mes genoux et mes mains.

ÂčÂč Puis il me dit : Daniel, homme bien-aimĂ©, sois attentif aux paroles que je vais te dire, et tiens-toi debout Ă  la place oĂč tu es ; car je suis maintenant envoyĂ© vers toi. Lorsqu’il m’eut ainsi parlĂ©, je me tins debout en tremblant.

ÂčÂČ Il me dit : Daniel, ne crains rien ; car dĂšs le premier jour oĂč tu as eu Ă  cƓur de comprendre, et de t’humilier devant ton Dieu, tes paroles ont Ă©tĂ© entendues, et c’est Ă  cause de tes paroles que je viens.

ÂčÂł Le chef du royaume de Perse m’a rĂ©sistĂ© vingt et un jours ; mais voici, MicaĂ«l, l’un des principaux chefs, est venu Ă  mon secours, et je suis demeurĂ© lĂ  auprĂšs des rois de Perse.

Âč⁎ Je viens maintenant pour te faire connaĂźtre ce qui doit arriver Ă  ton peuple dans la suite des temps ; car la vision concerne encore ces temps-lĂ .

Âč⁔ Tandis qu’il m’adressait ces paroles, je dirigeai mes regards vers la terre, et je gardai le silence. Âč⁶ Et voici, quelqu’un qui avait l’apparence des fils de l’homme toucha mes lĂšvres. J’ouvris la bouche, je parlai, et je dis Ă  celui qui se tenait devant moi : Mon seigneur, la vision m’a rempli d’effroi, et j’ai perdu toute vigueur.

Âč⁷ Comment le serviteur de mon seigneur pourrait-il parler Ă  mon seigneur ? Maintenant les forces me manquent, et je n’ai plus de souffie.

Âč⁞ Alors celui qui avait l’apparence d’un homme me toucha de nouveau, et me fortifia.

Âčâč Puis il me dit : Ne crains rien, homme bien-aimĂ©, que la paix soit avec toi ! courage, courage ! Et comme il me parlait, je repris des forces, et je dis : Que mon seigneur parle, car tu m’as fortifiĂ©.

ÂČ⁰ Il me dit : Sais-tu pourquoi je suis venu vers toi ? Maintenant je m’en retourne pour combattre le chef de la Perse ; et quand je partirai, voici, le chef de Javan viendra.

ÂČÂč Mais je veux te faire connaĂźtre ce qui est Ă©crit dans le livre de la vĂ©ritĂ©. Personne ne m’aide contre ceux-lĂ , exceptĂ© MicaĂ«l, votre chef.

Daniel 11

Âč Et moi, la premiĂšre annĂ©e de Darius, le MĂšde, j’étais auprĂšs de lui pour l’aider et le soutenir.

ÂČ Maintenant, je vais te faire connaĂźtre la vĂ©ritĂ©. Voici, il y aura encore trois rois en Perse. Le quatriĂšme amassera plus de richesses que tous les autres ; et quand il sera puissant par ses richesses, il soulĂšvera tout contre le royaume de Javan.

Âł Mais il s’élĂšvera un vaillant roi, qui dominera avec une grande puissance, et fera ce qu’il voudra.

⁎ Et lorsqu’il se sera Ă©levĂ©, son royaume se brisera et sera divisĂ© vers les quatre vents des cieux ; il n’appartiendra pas Ă  ses descendants, et il ne sera pas aussi puissant qu’il Ă©tait, car il sera dĂ©chirĂ©, et il passera Ă  d’autres qu’à eux.

⁔ Le roi du midi deviendra fort. Mais un de ses chefs sera plus fort que lui, et dominera ; sa domination sera puissante.

⁶ Au bout de quelques annĂ©es ils s’allieront, et la fille du roi du midi viendra vers le roi du septentrion pour rĂ©tablir la concorde. Mais elle ne conservera pas la force de son bras, et il ne rĂ©sistera pas, ni lui, ni son bras ; elle sera livrĂ©e avec ceux qui l’auront amenĂ©e, avec son pĂšre et avec celui qui aura Ă©tĂ© son soutien dans ce temps-lĂ .

⁷ Un rejeton de ses racines s’élĂšvera Ă  sa place ; il viendra Ă  l’armĂ©e, il entrera dans les forteresses du roi du septentrion, il en disposera Ă  son grĂ©, et il se rendra puissant.

⁞ Il enlĂšvera mĂȘme et transportera en Egypte leurs dieux et leurs images de fonte, et leurs objets prĂ©cieux d’argent et d’or. Puis il restera quelques annĂ©es Ă©loignĂ© du roi du septentrion.

âč Et celui-ci marchera contre le royaume du roi du midi, et reviendra dans son pays.

Âč⁰ Ses fils se mettront en campagne et rassembleront une multitude nombreuse de troupes ; l’un d’eux s’avancera, se rĂ©pandra comme un torrent, dĂ©bordera, puis reviendra ; et ils pousseront les hostilitĂ©s jusqu’à la forteresse du roi du midi.

ÂčÂč Le roi du midi s’irritera, il sortira et attaquera le roi du septentrion ; il soulĂšvera une grande multitude, et les troupes du roi du septentrion seront livrĂ©es entre ses mains.

ÂčÂČ Cette multitude sera fiĂšre, et le cƓur du roi s’enflera ; il fera tomber des milliers, mais il ne triomphera pas.

ÂčÂł Car le roi du septentrion reviendra et rassemblera une multitude plus nombreuse que la premiĂšre ; au bout de quelques temps, de quelques annĂ©es, il se mettra en marche avec une grande armĂ©e et de grandes richesses.

Âč⁎ En ce temps-lĂ , plusieurs s’élĂšveront contre le roi du midi, et des hommes violents parmi ton peuple se rĂ©volteront pour accomplir la vision, et ils succomberont.

Âč⁔ Le roi du septentrion s’avancera, il Ă©lĂšvera des terrasses, et s’emparera des villes fortes. Les troupes du midi et l’élite du roi ne rĂ©sisteront pas, elles manqueront de force pour rĂ©sister.

Âč⁶ Celui qui marchera contre lui fera ce qu’il voudra, et personne ne lui rĂ©sistera ; il s’arrĂȘtera dans le plus beau des pays, exterminant ce qui tombera sous sa main.

Âč⁷ Il se proposera d’arriver avec toutes les forces de son royaume, et de conclure la paix avec le roi du midi ; il lui donnera sa fille pour femme, dans l’intention d’amener sa ruine ; mais cela n’aura pas lieu, et ne lui rĂ©ussira pas.

Âč⁞ Il tournera ses vues du cĂŽtĂ© des Ăźles, et il en prendra plusieurs ; mais un chef mettra fin Ă  l’opprobre qu’il voulait lui attirer, et le fera retomber sur lui.

Âčâč Il se dirigera ensuite vers les forteresses de son pays ; et il chancellera, il tombera, et on ne le trouvera plus.

ÂČ⁰ Celui qui le remplacera fera venir un exacteur dans la plus belle partie du royaume, mais en quelques jours il sera brisĂ©, et ce ne sera ni par la colĂšre ni par la guerre.

ÂČÂč Un homme mĂ©prisĂ© prendra sa place, sans ĂȘtre revĂȘtu de la dignitĂ© royale ; il paraĂźtra au milieu de la paix, et s’emparera du royaume par l’intrigue.

ÂČÂČ Les troupes qui se rĂ©pandront comme un torrent seront submergĂ©es devant lui, et anĂ©anties, de mĂȘme qu’un chef de l’alliance.

ÂČÂł AprĂšs qu’on se sera joint Ă  lui, il usera de tromperie ; il se mettra en marche, et il aura le dessus avec peu de monde.

ÂČ⁎ Il entrera, au sein de la paix, dans les lieux les plus fertiles de la province ; il fera ce que n’avaient pas fait ses pĂšres, ni les pĂšres de ses pĂšres ; il distribuera le butin, les dĂ©pouilles et les richesses ; il formera des projets contre les forteresses, et cela pendant un certain temps.

ÂČ⁔ A la tĂȘte d’une grande armĂ©e il emploiera sa force et son ardeur contre le roi du midi. Et le roi du midi s’engagera dans la guerre avec une armĂ©e nombreuse et trĂšs puissante ; mais il ne rĂ©sistera pas, car on mĂ©ditera contre lui de mauvais desseins.

ÂČ⁶ Ceux qui mangeront des mets de sa table causeront sa perte ; ses troupes se rĂ©pandront comme un torrent, et les morts tomberont en grand nombre.

ÂČ⁷ Les deux rois chercheront en leur cƓur Ă  faire le mal, et Ă  la mĂȘme table ils parleront avec faussetĂ©. Mais cela ne rĂ©ussira pas, car la fin n’arrivera qu’au temps marquĂ©.

ÂČ⁞ Il retournera dans son pays avec de grandes richesses ; il sera dans son cƓur hostile Ă  l’alliance sainte, il agira contre elle, puis retournera dans son pays.

ÂČâč A une Ă©poque fixĂ©e, il marchera de nouveau contre le midi ; mais cette derniĂšre fois les choses ne se passeront pas comme prĂ©cĂ©demment.

³⁰ Des navires de Kittim s’avanceront contre lui ; dĂ©couragĂ©, il re- broussera. Puis, furieux contre l’alliance sainte, il ne restera pas inactif ; Ă  son retour, il portera ses regards sur ceux qui auront abandonnĂ© l’alliance sainte.

ÂłÂč Des troupes se prĂ©senteront sur son ordre ; elles profaneront le sanctuaire, la forteresse, elles feront cesser le sacrifice perpĂ©tuel, et dresseront l’abomination du dĂ©vastateur.

ÂłÂČ Il sĂ©duira par des flatteries les traĂźtres de l’alliance. Mais ceux du peuple qui connaĂźtront leur Dieu agiront avec fermetĂ©,

³³ et les plus sages parmi eux donneront instruction Ă  la multitude. Il en est qui succomberont pour un temps Ă  l’épĂ©e et Ă  la flamme, Ă  la captivitĂ© et au pillage.

³⁎ Dans le temps oĂč ils succomberont, ils seront un peu secourus, et plusieurs se joindront Ă  eux par hypocrisie.

³⁔ Quelques-uns des hommes sages succomberont, afin qu’ils soient Ă©purĂ©s, purifiĂ©s et blanchis, jusqu’au temps de la fin, car elle n’arrivera qu’au temps marquĂ©.

³⁶ Le roi fera ce qu’il voudra ; il s’élĂšvera, il se glorifiera au-dessus de tous les dieux, et il dira des choses incroyables contre le Dieu des dieux ; il prospĂ©rera jusqu’à ce que la colĂšre soit consommĂ©e, car ce qui est arrĂȘtĂ© s’accomplira.

³⁷ Il n’aura Ă©gard ni aux dieux de ses pĂšres, ni Ă  la divinitĂ© qui fait les dĂ©lices des femmes ; il n’aura Ă©gard Ă  aucun dieu, car il se glorifiera au-dessus de tous.

³⁞ Toutefois il honorera le dieu des forteresses sur son piĂ©destal ; Ă  ce dieu, que ne connaissaient pas ses pĂšres, il rendra des hommages avec de l’or et de l’argent, avec des pierres prĂ©cieuses et des objets de prix.

Âłâč C’est avec le dieu Ă©tranger qu’il agira contre les lieux fortifiĂ©s ; et il comblera d’honneurs ceux qui le reconnaĂźtront, il les fera dominer sur plusieurs, il leur distribuera des terres pour rĂ©compense.

⁎⁰ Au temps de la fin, le roi du midi se heurtera contre lui. Et le roi du septentrion fondra sur lui comme une tempĂȘte, avec des chars et des cavaliers, et avec de nombreux navires ; il s’avancera dans les terres, se rĂ©pandra comme un torrent et dĂ©bordera.

⁎Âč Il entrera dans le plus beau des pays, et plusieurs succomberont ; mais Edom, Moab, et les principaux des enfants d’Ammon seront dĂ©livrĂ©s de sa main.

⁎ÂČ Il Ă©tendra sa main sur divers pays, et le pays d’Egypte n’échappera point.

⁎³ Il se rendra maĂźtre des trĂ©sors d’or et d’argent, et de toutes les choses prĂ©cieuses de l’Egypte ; les Libyens et les Ethiopiens seront Ă  sa suite.

⁎⁎ Des nouvelles de l’orient et du septentrion viendront l’effrayer, et il partira avec une grande fureur pour dĂ©truire et exterminer des multitudes.

⁎⁔ Il dressera les tentes de son palais entre les mers, vers la glorieuse et sainte montagne Puis il arrivera à la fin, sans que personne lui soit en aide.

Daniel 12

Âč En ce temps-lĂ  se lĂšvera MicaĂ«l, le grand chef, le dĂ©fenseur des enfants de ton peuple ; et ce sera une Ă©poque de dĂ©tresse, telle qu’il n’y en a point eu de semblable depuis que les nations existent jusqu’à cette Ă©poque. En ce temps-lĂ , ceux de ton peuple qui seront trouvĂ©s inscrits dans le livre seront sauvĂ©s.

ÂČ Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussiĂšre de la terre se rĂ©veilleront, les uns pour la vie Ă©ternelle, et les autres pour l’opprobre, pour la honte Ă©ternelle.

³ Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice, à la multitude brilleront comme les étoiles, à toujours et à perpétuité.

 Toi, Daniel, tiens secrùtes ces paroles, et scelle le livre jusqu’au temps de la fin. Plusieurs alors le liront, et la connaissance augmentera.

⁔ Et moi, Daniel, je regardai, et voici, deux autres hommes se tenaient debout, l’un en deçà du bord du fleuve, et l’autre au-delĂ  du bord du fleuve.

⁶ L’un d’eux dit Ă  l’homme vĂȘtu de lin, qui se tenait au-dessus des eaux du fleuve : Quand sera la fin de ces prodiges ?

⁷ Et j’entendis l’homme vĂȘtu de lin, qui se tenait au-dessus des eaux du fleuve ; il leva vers les cieux sa main droite et sa main gauche, et il jura par celui qui vit Ă©ternellement que ce sera dans un temps, des temps, et la moitiĂ© d’un temps, et que toutes ces choses finiront quand la force du peuple saint sera entiĂšrement brisĂ©e.

⁾ J’entendis, mais je ne compris pas ; et je dis : Mon seigneur, quelle sera l’issue de ces choses ?

âč Il rĂ©pondit : Va, Daniel, car ces paroles seront tenues secrĂštes et scellĂ©es jusqu’au temps de la fin.

Âč⁰ Plusieurs seront purifiĂ©s, blanchis et Ă©purĂ©s ; les mĂ©chants feront le mal et aucun des mĂ©chants ne comprendra, mais ceux qui auront de l’intelligence com- prendront.

ÂčÂč Depuis le temps oĂč cessera le sacrifice perpĂ©tuel, et oĂč sera dressĂ©e l’abomination du dĂ©vastateur, il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours.

ÂčÂČ Heureux celui qui attendra, et qui arrivera jusqu’à mille trois cent trente-cinq jours !

ÂčÂł Et toi, marche vers ta fin ; tu te reposeras, et tu seras debout pour ton hĂ©ritage Ă  la fin des jours.